Fortification située
entre l'île d'Aix et Oléron, rattaché à la commune de l'Île d'Aix, dans le département de la Charente-Maritime, le Fort Boyard tire son
nom du banc de sable sur lequel il fut construit afin de protéger la rade de la marine anglaise du XVIIe siècle.
C'est en 1666, à la fin de construction de l'arsenal le plus prestigieux de l'empire, celui de Rochefort sur mer, que Louis XIV demande à Vauban une solution de protection entre les deux iles, la portée des canons étant trop faible.
La longe de Boyard est retenue comme base de construction mais, après les différents relevés le projet est abandonné.
C'est en en 1801 que le projet fut à nouveau proposé à Napoléon Bonaparte qui fit débuter celui-ci le 30 mars 1803. Ce travail fut très dur. Afin de permettre la construction du fort, ce projet prévoyait d'asseoir celui-ci sur une base de rocs. Des rocs des carrières royales furent stockés à Boyardville et leur dépôt sur la longe commença. Cette opération ne pouvait s'effectuer que pendant quelques heures chaque jour, lors de la marée basse, à cause du courant. C'est aussi à cause du courant qu'on ne peut effectuer ce travail qu'à la belle saison. La main d'oeuvre manquait, et les travaux d'enrochement étaient fragilisés par les tempêtes. Mais le résultat n'est pas celui escompté, les rochers s'enfonçant sous leur propre poids.
Finalement, en 1809 la construction est abandonnée jusq'en 1841. Il faudra attendre le règne de Louis-Philippe et le regain des tensions entre Français et Britanniques pour que le projet reprenne. Une nouvelle méthode est mise en oeuvre. Ce ne sont plus des rocs qui sont coulés mais des caissons de chaux, construits sur place. Finalement, en 1848, la construction du socle s'achève, celui-ci s'élève à deux mètres au-dessus du niveau de la mer à marée haute. La construction du fort à proprement parler prendra alors dix ans. Mais, entre les premiers projets et l'achèvement de la construction, la portée des canons a augmenté et l'utilité du fort s'en trouve limitée : l'ouvrage n'avait plus de raison d'être.
En 1871 il servit de prison, puis fut occupé pendant 40 ans par la marine.
En 1913, l'armée s'en sépare, les canons sont revendus et l'entretien du fort est arrêté. Durant la Seconde Guerre mondiale, il servira de cible d'entraînement aux Allemands.
En 1950, le fort Boyard est classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques.
Le 28 mai 1962, le fort est mis aux enchères au prix de 7 500 francs. L'enchère est remportée pour 28 000 francs par Éric Aerts avec le projet fou d’en faire un hôtel de luxe... mais à l'abandon depuis 80 ans, Fort Boyard était devenu le domaine des oiseaux de mer ; et ce riche acquereur ne l'était pas assez pour l'entretenir, encore moins de le restaurer et revend ce fort en 1989 pour 1,5 million de francs à la société de production JAC. Celle-ci le revend aussitôt au Conseil général de Charente-Maritime pour un franc symbolique. En échange, le département s’engage à effectuer les travaux de rénovation, et assure l’exclusivité de l’exploitation du lieu.
Dès 1989, la rénovation totale du fort commence. Une plateforme offshore est construite à vingt cinq mètres du fort, pour en permettre l’accès en bateau, devenu impossible depuis la destruction du havre d’abordage. Le fort est entièrement nettoyé, cinquante centimètres de guano et sept cents mètres-cube de saletés diverses sont évacuées. Une passerelle est construite au premier étage, et la cour centrale est divisée en deux.
En 1996, les plates-formes d’artilleries sont démontées et restaurées. Mais le fort Boyard est fragile et subit encore les dégâts de la mer. Après les tournages en 1998, le département décide d’entamer une nouvelle étape dans la restauration du monument. Chaque pierre de la terrasse sera démontée puis réimplantée après avoir été nettoyée. L’hélicoptère employé pour les travaux aura fait au total près de 6000 rotations entre le fort et Boyardville. Cette restauration permet également un nettoyage complet des murs de façade, ainsi qu’une réparation d’un certain nombre de fissures. L’étanchéité de la terrasse est totalement refaite. L’emplacement de la pendule, non restauré en 1989, est réparé en 1998. Au final, cette tranche de travaux aura duré de septembre 1998 à avril 1999. La dernière restauration en date est celle de la cour centrale durant l’hiver 2003-2004.